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Le 17 juillet 2015

Le grand port maritime de Marseille

Le grand port maritime de Marseille

Avec Logtrans vous pouvez faire partir vos marchandises et vos véhicules principalement depuis les ports de Marseille, Le Havre, Anvers et Port Vendres (uniquement les véhicules).

Nous vous proposons de découvrir plus en détails les ports avec lesquels nous travaillons et nous allons commencer par le port de Marseille.
Inutile de revenir sur l’histoire de la ville, ce serait trop long (2600 ans d’histoire quand même !), mais la ville ne se résume pas à son Vieux port et ses pécheurs hurlant tous les matins qui a le poisson le plus frais, il s’agit également d’un port de commerce qui s’étend Du vieux port de Marseille jusqu’à Port Saint Louis du Rhône, soit 70km de côtes.

Soit une zone relativement grande accueillant bateaux de plaisances, porte-conteneurs, bateaux de croisières, navires pétroliers, yachts, bateaux de pêche, bref, un port complet.

 

L’histoire du Port Autonome

Le port autonome est relativement récent, auparavant le port marchand se composait essentiellement du vieux port, mais le trafic maritime augmentant conjointement avec le progrès qui permet des échanges plus faciles entre les pays, une extension du port devient inévitable, en effet, le trafic passe de 1 374 067 tonneaux en 1830 pour 2 932 005 tonneaux en 1847.

Cependant, même si l’extension est inévitable, la municipalité traine des pieds, et ce sera l’état lui-même qui ordonnera les premiers vrais aménagements sur le bassin de la Joliette avec la digue du large par exemple.

Suivront ensuite d’autres bassins dont Arenc et Napoléon et une rue pour relier l’ancien et le nouveau port : la rue Impériale qui deviendra plus tard la fameuse rue de la République !

Ce n’est qu’en 1960 que les extensions du côté de Fos sur mer commenceront à s’établir et que l’officialisation du port Autonome sera prononcée ainsi que son autonomie financière (en 1966).

En 2008 il a été transformé en grand port maritime, le terme semble anodin mais cela signifie que le port est désormais un établissement public chargé de la gestion d’un port maritime. Ce statut remplace en gros, celui du port autonome.

Ce statut permet l’ouverture à la concurrence et à la privatisation, ce qui a occasionné dans le cas de Marseille, d’importantes grèves au printemps 2008 occasionnant de lourds dégâts. Les grutiers et les dockers, concernés directement par ce statut, verront leurs contrats de travail transférés dans le privé, faisant ainsi gronder la colère des principaux concernés.

 

Marseille et ses conflits sociaux

Le port autonome a souffert de ces grèves, menées tambour battant par la CGT en majorité, manifestant entre autre, pour ne pas perdre leurs acquis. Il faut dire que ceux-ci avaient de bonnes raisons de se défendre face aux réformes, des salaires oscillant entre 3000 et 5000 euros par mois en net, un temps de travail deux fois moindre que d’autres ports européens, des gratifications discutées, sans compter des jours d’absence élevés non contrôlés, autant dire que la grogne s’est faite entendre quand il a été question de mettre un coup de pied dans la fourmilière.

Le principal problème venait de la rentabilité du port, les grèves à répétitions n’ont fait qu’aggraver les choses, en 2009 le port atteignait 83 millions de tonnes alors qu’Anvers culminait à 158 millions et Rotterdam 387 millions, quand on sait le potentiel de Marseille il y avait une bonne raison de vouloir changer un peu les choses.

Les transitaires et les compagnies préféraient faire transiter la marchandise par le nord ou bien par Gênes et Barcelone plutôt que Marseille. Les arrêts de travail et le cumul d’avantages disproportionnés vis-à-vis de la rentabilité du port n’ont finalement été qu’une balle tirée dans le pied des Marseillais qui ont perdu leur place dans les classements internationaux, car si l’activité du port s’arrête à cause des conflits, l’économie, elle, ne s’arrête pas et trouve toujours une solution.

En conséquence de ces grèves à répétitions l’économie Marseillaise a pris un coup, l’UNM en 2009 a enregistré un manque à gagner de 50 millions d’euros, et les attaques se font de plus en plus violentes.

On peut citer entre autre des jets de sardines et d’oursins sur des dirigeants du port, des bureaux vandalisés ou encore le sabotage d’un navire et même la découverte de cocktails Molotov (à la base cachés). On arrive à une escalade des violences, rendant les choses compliquées pour toutes les PME marseillaises vivant du port.

La répétition de ces conflits, couplés aux actions violentes, font fuir les sociétés, les investisseurs et occasionnent des pertes d’emplois et par corollaire, donnent un sacré coup de frein à la création de postes…. Autre conséquence, l’image ternie des dockers vis-à-vis des Marseillais, ce qui n’arrange finalement rien à la situation.

Fort heureusement, les conflits s’apaiseront et petit à petit, les dysfonctionnements avec les dockers et leurs avantages jugés trop importants diminueront avec, pour faire simple, l’embauche sous contrat privé des nouveaux arrivants, ce qui signifie que les anciens gardent leurs avantages et les nouveaux eux, n’ont pas les acquis des anciens. On peut toutefois citer quelques légers bémols au départ avec des doublons inutiles à certains postes, mais Rome ne s’est pas faite en un jour, et il est établi que les actions menées pour rehausser l’activité du port sont des actions à moyen et long termes en ce qui concerne la partie main d’œuvre.

Vers un renouveau

Aujourd’hui le port panse encore ses blessures, les dysfonctionnements s’atténuent doucement, et la ville essaye de redorer son blason terni à la fois par ses problèmes (violence, grèves, trafics etc…) et les médias qui en font des tonnes pour attirer l’œil du spectateur. Pour donner une nouvelle image à la ville, et du coup son port de commerce, il a fallu mener une vraie campagne de séduction, et depuis 2010 environ, la ville se transforme.

La ville se dote de nouvelles structures et les investisseurs privés commencent de nouveau à croire au potentiel de cette ville. Il faut dire que la ville sort d’une longue autarcie bordée d’incohérences et d’erreurs et elle doit rattraper son retard car si elle veut attirer du trafic, il faut que les gens croient en cette ville aussi.

Alors la ville a mis les bouchées doubles, nouveau vieux port, tramway, nouvelles stations de métro, nouveaux hôtels, Musées, Théâtres, Cinémas, Centres commerciaux, restauration des rues laissées à l’abandon (Cannebière, Rue de la république etc…), organisation de festivals, animations, participation à des manifestations européennes (MP 2013 , Sport 2017, EURO 2016), nouveau stade, amélioration des transports, de la propreté, etc….. Les projets sont nombreux et l’opération porte ses fruits.

Avec par exemple la création d’un nouveau quartier, Euro Med, situé en bordure du port autonome et à deux pas du vieux port, la ville a voulu attirer les touristes et donc les croisiéristes. De ce fait la ville a vu arriver des bateaux de croisière de plus en plus grands, avec leur flot de touristes qui visitent la nouvelle Marseille, acclamée par la presse étrangère pour sa transformation. Le succès est au rendez-vous et ce n’est semble-t-il qu’un début.

Mais du coup, avec une ville en plein renouveau, l’arrivée de bateaux de croisières, est ce que le port arrive à prendre le train en marche pour rattraper son retard ?

Oui et non à vrai dire, le port s’est doté de nouveaux terminaux (Eurofos 2XL), de nouveaux systèmes informatiques, et même des remises en état de bassins de réparation navale, mais le chemin est encore un peu long, en 2011 il y a eu une hausse de 3% mais si le retard peine à être comblé c’est parce que lors des grèves des années précédentes, la ville a loupé le coche de plusieurs évènements qui auraient pu lui être grandement bénéfiques, en conséquence, d’autres ports ont pris un voire deux trains d’avance et Marseille s’est embourbée dans des conflits qui ont durés plus de 30 jours parfois, du coup, le trafic reste mitigé, bien que l’image soit quelque peu restauré, et le fait d’avoir CMA CGM sur place aide un peu à donner une certaine confiance. En 2014 l’activité a tout de même baissée, certes, quelque peu aidée par la crise, mais il va sans dire que le trafic peine à reprendre.

Officiellement, cette nouvelle baisse est due au ralentissement global de l’activité hydrocarbure avec la crise financière, le reste de l’activité augmente doucement (+3% environ), mais le parcours a encore quelques obstacles à franchir comme par exemple les problèmes des lignes passagers régulières en baisse à cause notamment du trafic vers la Corse qui a subi de lourdes pertes avec la faillite de la SNCM et l’accident du Napoléon Bonaparte. Néanmoins les croisières ont augmentée de 12%, cela ne compense pas le reste mais c’est encourageant pour la suite, sachant qu’une véritable hausse est semble-t-il à prévoir sur le court terme.

Il est vrai que le port a encore beaucoup à faire, mais son potentiel est grand tout comme la ville elle-même. Marseille se réveille d’une autarcie créée par d’obscures raisons à travers les années, (conflits sociaux, laxisme, copinages politiques, corruptions etc… c’est malheureusement un triste constat) mais elle se réveille enfin, et c’est ça qu’il faut voir.

Le tourisme en hausse, l’hydrocarbure se stabilise, le trafic conteneur ne fait pas d’envolées mais il se maintient, le fret fluvial et ferroviaire est en hausse et de nombreux projets pour la ville et son port sont en cours, alors certes, le chemin sera encore un peu long à parcourir, mais sans vouloir être bordé d’un optimiste naïf, Marseille se redresse doucement et n’a pas montré encore tous ses atouts.

 

Sources :

http://www.wk-transport-logistique.fr/actualites/detail/81544/le-port-de-marseille-enregistre-une-baisse-de-trafic-de-2-en-2014.html
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/port-de-marseille-vers-la-fin-de-la-greve_463663.html
http://www.rfi.fr/france/20110203-le-port-marseille-handicape-conflits-sociaux/
http://www.observatoiredesgaspillages.com/2013/01/comment-la-cgt-a-coule-le-port-de-marseille/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_port_maritime_de_Marseille

 
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